AUSTRALIE
Prise de vue
L’Australie est l’un des plus grands États du monde. Sa vaste superficie (7 682 300 km2), presque celle de l’Europe, ne contient néanmoins que 17,4 millions d’habitants (2,2 hab./km2) en 1992. De plus, cette population est très inégalement répartie. Plus des trois quarts sont concentrés dans les capitales de la fédération et des États et dans les grandes villes, toutes situées sur les côtes ou à proximité. La plupart se trouvent dans la région du Sud-Est, qui s’étend d’Adélaïde jusqu’à Brisbane et où sont situées la capitale fédérale Canberra et les métropoles Melbourne et Sydney . Mais la campagne australienne, en comparaison avec la campagne française, est très faiblement peuplée ; en outre, d’immenses régions sont encore aujourd’hui quasi désertiques.
Cette répartition inégale est d’abord la conséquence des conditions naturelles et climatiques, même si l’évolution historique de l’Australie a sûrement contribué à son urbanisation intense. Quand les premiers colons britanniques mirent pied sur le sol australien en 1788, la totalité de l’Australie (continent et Tasmanie) comptait probablement quelque 700 000 habitants indigènes (les aborigènes). Ces derniers vivaient dans des conditions qui étaient très rebutantes pour les nouveaux envahisseurs. L’Australie était restée en dehors des grandes migrations de populations asiatiques et polynésiennes, et les aborigènes – qui, eux-mêmes, arrivèrent il y a plus de 50 000 ans par le détroit de Torres – vivaient dans un isolement presque total. Ils étaient divisés en centaines de tribus, et seules certaines peuplades du Nord avaient reçu des visites de pêcheurs indonésiens.
Les immigrants britanniques sont donc arrivés dans un pays où la population était trop faible pour leur résister. Ce sont plutôt la distance énorme – l’Australie étant située à plus de 15 000 kilomètres de la métropole –, l’étendue du continent et la pauvreté du sol qui limitèrent l’ampleur de l’immigration. Le développement rapide de l’élevage ovin et surtout les découvertes d’or provoquèrent des vagues d’immigration temporaires mais, au moment de la proclamation de l’État fédéral d’Australie, le Commonwealth of Australia, le 1er janvier 1901, le pays ne comptait pas plus de 3 750 000 habitants.
Cette insuffisance du peuplement sembla, par moments, menacer l’expansion économique de l’Australie et sa sécurité. Aussi, depuis les années 1830, l’immigration a-t-elle été un des soucis essentiels des gouvernements coloniaux et fédéraux. Depuis la Seconde Guerre mondiale, plus de 5 millions de personnes, bénéficiant souvent du plan de subvention à l’immigration mis en place par le gouvernement australien, se sont établies en Australie. En général, ces immigrants furent d’abord originaires de Grande-Bretagne et d’Irlande, puis, plus tard, d’Europe continentale et d’Asie.
Le nombre des aborigènes , qui diminua rapidement au cours du XIXe siècle, recommença à s’accroître à partir des années 1930. En 1986, il atteint 227 600. Néanmoins, la population de race blanche constitue toujours 97 p. 100 environ de la population totale, et la situation raciale en Australie pose des problèmes bien différents de ceux qui existent en Afrique du Sud, aux États-Unis ou encore en Nouvelle-Zélande.
L’Australie est un État fédéral et indépendant qui reconnaît la souveraineté de la reine d’Angleterre sous le titre de Queen of Australia et qui fait partie du Commonwealth britannique. La reine est représentée au niveau fédéral par un gouverneur général (depuis février 1989 : Bill Hayden) et à celui des États par un gouverneur. Ces dignitaires sont aujourd’hui presque tous des Australiens. Jaloux de leurs pouvoirs, les six États mis en place par la Constitution de 1901 sont très inégaux en étendue et en importance. Ce sont les anciennes colonies de Nouvelle-Galles du Sud (fondée en 1788, 801 600 km2), de Tasmanie (1823, 67 800 km2), d’Australie-Occidentale (1829, 2 525 500 km2), d’Australie-Méridionale (1836, 984 000 km2), de Victoria (1851, 227 600 km2) et de Queensland (1859, 1 727 200 km2) ; les trois dernières furent séparées de la Nouvelle-Galles du Sud. Il faut y ajouter le Territoire fédéral de la capitale, Canberra (2 400 km2), et l’immense Territoire du Nord (1 346 200 km2) qui, en 1978, reçut une large part d’autonomie.
Depuis que sir Robert Menzies a quitté le pouvoir (1966), bon nombre des idées reçues et des espoirs concernant l’Australie ont été sérieusement ébranlés. À l’époque, on aurait pu prédire un avenir doré au « pays de la chance », dont la stabilité reposait sur le maintien de ses liens avec la Grande-Bretagne et, à un degré moindre, avec les États-Unis. Pourtant, une multitude de facteurs à la fois internationaux et intérieurs avaient déjà donné une impulsion à un processus de révision des orientations du pays qui ne pouvait aller qu’en s’accroissant. L’évolution des événements politiques et économiques mondiaux et la récession générale des années 1970 ont contraint l’Australie à adopter de nouvelles lignes de conduite. Les liens avec la Grande-Bretagne se sont relâchés à la suite de l’entrée de cette dernière dans le Marché commun européen et, pour n’en citer que deux manifestations, un nouvel hymne national a été adopté et les relations économiques avec l’Asie ont été développées.
La quête d’une identité nouvelle pour l’Australie a parfois été accompagnée d’un nationalisme virulent, mais surtout d’une prise de conscience de la composition multi-ethnique de sa société conduisant à l’abandon de la politique de l’« Australie blanche » et à une nouvelle orientation de la politique extérieure.
Avec les gouvernements A.L.P. (Australian Labor Party) de Whitlam (1972-1975), Hawke (1983-1991) et Keating (dès 1991), l’Australie a fermement choisi une nouvelle orientation de développement. La destinée du pays est maintenant liée à celle de l’Asie plutôt qu’à celle de l’Europe ou des États-Unis. Une rupture irréparable avec les traditions du passé s’est produite, qui influence toujours davantage l’opinion publique et le gouvernement. Ces dernières années, l’Australie a subi une grave crise économique. Avec un chômage de plus de 10 p. 100, les problèmes sociaux sont considérables. L’Australie est néanmoins restée politiquement stable et relativement prospère (1990 : 23e rang mondial pour le P.N.B. par tête). Tandis que les inégalités augmentent, la société demeure l’une des plus ouvertes du monde. La commémoration controversée de la colonisation blanche (1988) démontra la diversité de la population australienne et le désir des Australiens de « vivre ensemble ». L’inauguration (en mai 1988) du nouveau Parliament House à Canberra est l’expression à la fois de l’orgueil nationaliste et centralisateur et de l’esprit matérialiste et conservateur de la société australienne.
Depuis 1992, la position de la monarchie a été mise en question. L’éventualité de son abolition et de l’adoption d’un nouveau drapeau national est envisagée pour 2001.

1. Structure et milieu
Géologie
Les principales unités structurales
Le continent australien est classiquement divisé en cinq provinces orogéniques et en quatre groupes de couvertures de plate-forme. À ces grandes unités il faut ajouter quatre ensembles métamorphiques dont l’attribution à un cycle donné est incertaine : il s’agit des blocs d’Arunta, en Australie centrale, de Lichtfield et d’Arnhem, dans la partie la plus septentrionale du Territoire du Nord, et de Georgetown, dans le nord du Queensland.
De plus, deux domaines, situés, l’un, dans la partie occidentale de la Tasmanie, l’autre, dans la partie sud-ouest de l’Australie-Occidentale, ont été déformés au Protérozoïque, mais on connaît mal leur rôle dans l’évolution structurale générale du continent australien.
La cinquième province orogénique correspond en fait à la Papouasie - Nouvelle-Guinée. Il s’agit d’une zone orogénique dont la phase initiale remonte au Trias, mais qui est toujours active. Située à l’extérieur du continent australien proprement dit, cet orogène est toutefois rattaché à l’évolution géodynamique de cet ensemble.
La province orogénique de l’Australie occidentale
Cette zone, qui comprend les roches les plus anciennes d’Australie, est composée des blocs de Yilgarn et de Pilbara, et de quelques zones de moindre importance. Les granites du bloc de Pilbara et du sud-ouest du bloc de Yilgarn, datés de 3 050 à 3 100 millions d’années, recoupent des roches métamorphiques plus anciennes. Les formations représentées dans ces blocs contiennent des gneiss et des migmatites ainsi que des métasédiments recoupés par des intrusions de roches basiques et ultrabasiques. Ce type de formation, caractéristique de l’Archéen, est connu sous le nom de greenstone belt dans les boucliers du Canada et de l’Afrique australe ; contenant du nickel et de l’or, ces zones présentent un grand intérêt économique.
Des formations appartenant à ce cycle se retrouvent dans d’autres zones , notamment dans celle de Rum Jungle (synclinal de Pine Creek), dans le Territoire du Nord. Les datations isotopiques y donnent des âges de 2 550 à 2 400 millions d’années, donc nettement moins élevés que dans le Yilgarn.
Les couvertures de l’Australie occidentale
Les plissements se terminent entre 2 900 et 2 200 millions d’années dans l’aire d’influence de l’orogène ouest-australien. Les dépôts de couverture transgressifs sont localisés au nord du bloc de Yilgarn, dans le bassin de Hamersley Range, discordant sur le socle de Pilbara. Il s’agit de formations déposées dans un bassin subsident calme, avec, essentiellement vers la base, de nombreuses intercalations de coulées de laves surtout basiques. Les sédiments sont constitués de grès, de pélites, de dolomies et de cherts. Cette unité est particulièrement importante du point de vue économique car elle contient d’importantes concentrations de fer, les Banded Iron Formations, ou B.I.F.
La province orogénique nord-australienne
Dans cette province, les formations sont essentiellement constituées de roches sédimentaires d’âge protérozoïque qui ont subi un métamorphisme peu intense. Cet ensemble est recoupé par des granites et par des roches volcaniques non métamorphisées. D’après des travaux récents, les blocs d’Arunta et d’Arnhem seraient rattachés à cette province qui recèle par ailleurs d’importants gisements d’uranium.
Les couvertures de plate-forme nord-australiennes
Après l’orogenèse nord-australienne, la majeure partie du nord de l’Australie subit une transgression et des sédiments de plate-forme s’y déposent. Le socle apparaît uniquement en boutonnières sous cette couverture.
Ces dépôts sédimentaires du Carpentarien (de 1 800 à 1 400 Ma) sont à dominante pélitique, avec des intercalations dolomitiques et des roches volcaniques. Ils comprennent le bassin de Kimberley et le grand bassin qui va du bord du golfe de Carpentarie jusqu’à Mount Isa.
Ces dépôts de plate-forme contiennent des gîtes métallifères stratiformes qui figurent parmi les plus importants d’Australie (gîtes de plomb-zinc-argent du bassin de McArthur, gîtes de fer, de cuivre, de tungstène, etc.).

 

(source Envyclopédie Universalis © )