|
Cape Keraudren.
|
![]() |
|
Sans doute vous vous demandez ce que j'ai fait à Port Hedland? Et bien je ne m'y suis pas arrêté! Le lonely planet n'étant pas très élogieux sur cette ville... Je, après avoir fait le plein d'essence et d'eau, pris la route le long de cette très grande plage, la eighty mile beach... 80 miles je crois que ça fait à peu près 150 kilomètres, 150 kilomètres de plage ça fait drôle non? Toujours est-il que la conduite était dramatique, sur la route, il fait bien nuit maintenant, des centaines de serpents de toutes les tailles traversent la route de la droite à la gauche, vers l'océan! Sans oublier les araignées avec leurs pattes avant cherchant de vagues repères devant elles... Je fais du slaloom entre toutes ces bestioles, et, sans raison il est vrai, j'ai peur qu'une bestiole rentre dans la voiture! Je roule à 30 kilomètres à l'heure, je ne veux pas les écraser! Des petits serpents verts ondulant rapidement, plein de tailles moyennes, et les plus gros, semblant paresser à traverser! Je pensai bivouaquer quelque part avec ma tente igloo, mais si cela ne me gène pas plus que ça d'être entouré de bestioles lorsque je suis à l'intérieure de ma tente igloo, c'est une autre histoire lorsqu'il sagit de monter la tente de nuit avec ce qu'il faut bien nommer comme les deux peurs ancestrales des humains, les serpents et les araignées! Alors je n'avais d'autre choix que de continuer à rouler jusqu'à la prochaine road house, encore 250 kilomètres à conduire! Il y a aussi les cadavres puants de vaches écrasées sur le bord ou même en plein milieu de la route, plus, la cause de ma vigilante conduite, les troupeaux de vaches plus ou moins sauvages qui traversent presque à l'identique des kangourous, c'est-à-dire sans prévenir! J'arrive à la station service, et là, si les serpents et araignées ont disparues, un gigantesque nuage de sauterelles volantes, de papillons de nuit qui se prennent à être dans une boite de nuit, en pleine transe! Je fais le plein d'essence en veillant bien à ce qu'aucune bête ne rentre dans le réservoir! Il fait une grosse chaleur et le taux d'humidité ne doit pas être très loin de 100%... Dans l'intérieur de la station, il fait froid, et les néons, vraiment blaffards n'aident pas à mon regard sur la situation: halluciné! Je repars dans un demi-tour pour retrouver mes serpents et araignées et me diriger, en pleine nuit, sur le Cape Keraudren! C'est tout près: 50 kilomètres! 50 kilomètres en Australie, c'est comme aller chez votre boulanger depuis votre appartement... La route, je la quitte vers la droite, un chemin de terre chaotique, avec des flaques à éviter! (les kangourous sont présents aussi, il me regardent par la fenêtre... Au bout de la piste, j'arrive au bruit des vagues, début de cette soirée. Il y a un panneau, juste pour moi? Avec plein d'avertissements sur (je n'arrête pas d'en parler c'est vrai.... Mais il faut bien évacuer!) les crocodiles marins! Merde! C'est ma première confrontation avec eux! Alors, rassemblant mes idées et savoir sur eux, je n'ai pas osé monter ma tente! Alors j'ai dormis dans la voiture. J'ouvre la fenêtre car il fait vraiment très chaud, nouvelle question en moi, les crocodiles peuvent-ils manger par les fenêtres? J'attrape la manivelle et je remonte, non sans stress, la vitre! A défaut de savoir si les crocodiles peuvent manger par les fenêtres, je transforme la question en les crocodiles savent manger par les fenêtres! Elles sont fermées. Maintenant il fait trop chaud, je n'ai pas assez d'air, même pour respirer! Alors je laisse un filet d'air, et je me pose de nouveau une question: Une fenêtre de voiture un petit peu ouverte est-elle aussi résistante qu'une fenêtre fermée? Le lendemain matin, la fenêtre était ouverte, j'étais couvert de boutons de moustiques, mais pas de crocodiles pendant la nuit. C'est le petit matin, des nuages bleus flottent dans le ciel, la lumière est bleue, c'est beau!
|
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
![]() |
|
Un silence majestueux... Pas d'oiseaux, pas de cris d'animaux, la mer est en retrait, pas de vent... Je découvre alors le décor de ma nuit d'épouvante présumée: d'un côté l'océan, de l'autre côté, les marécages, je suis sur l'étroite bande de terre entre les deux. Je vais toucher l'eau de l'océan, j'établis une sphère de sécurité de 50 mètres autour de moi, j'oberve tout, car je suis trouillard, ils n'auront pas ma chaire. Dessous, c'est la pancarte au-dessous de laquelle j'ai dormi cette nuit.
|
![]() |