Depuis
Kulgera... Je suis passé à Erlunda où j'ai
fait le plein d'essence. A Erlunda, roadhouse, le même flot
de touriste, rien de bien grave, j'ai pu compter trois cars pleins!
Mais c'est vrai, nous sommes sous la direction d'Uluru, qui vaut
le détour... Nous sommes à cet endroit dans des dry
community : Les chefs Aborigènes d'un commun accord avec
les autorités blanches ont décidé d'interdire
la vente d'alcool au peuple Aborigène... Il y aurait beaucoup
à dire sur le sujet... Certains boivent trop, vraiment trop,
mais ce ne sont pas les représentants de toute la communauté!
Peut-être l'alcool est-il une drogue mieux ou un peu moins
mal gérée par les blancs? Au détour des rues
ou des avenues en ville, il m'est arrivé pas mal de fois
de rencontrer des Aborigènes un peu défaits... Mais
je voulais vous raconter une anecdote: Perth, australie de l'ouest,
Kings Park en plein centre ville. Kings park est un immense park,
beau. Un ami y était une fois. Un ami ouvert aux autres cultures.
Il discute avec des Aborigènes assis sur les pelouses, ils
sont bourrés. Ils semblent bourrés. Mon ami discute
un peu plus. Il s'avère qu'ils ne sont pas bourrés...
Ils discutent de la tête du grand serpent située dans
kings park, le reste du corps du serpent, immense, en quelque sorte
un symbole pour nous se trouve le long de la côte de
l'océan Indien. Ils étaient donc là pour être
avec le serpent. Ensuite, d'autres touristes arrivent, non connus
de mon ami, c'est alors que les Aborigènes reprennent une
attitude d'ivrogne!! Mon ami en fut intrigué... Bon, cela
ne veut évidemment pas dire qu'il n'y ait plus une goutte
d'alcool dans le sang chez les Aborigènes ivrognes, mais
une leçon, il ne faut pas toujours se fier au premier abord,
mais de réfléchir un peu plus, de poser des questions,
c'est si facile de cataloguer... En tous cas dans la road house
'Erlunda' des aborigènes me tendaient des liasses de dollars
pour que je leur achète des bières... Ils me tendaient
des liasses, voire ils me suppliaient! Je vous assure que c'est
difficile de dire non... Vais-je acheter quelques bières
alors que leurs chefs spirituels demandent instamment de ne pas
le faire? Quelle attitude avoir avec ce peuple? Car si ils sont
chez eux en Australie, ils, supposition, doivent être quand
même déracinés... Quand ils sont revenus vers
moi pour me redemander une fois de plus d'aller acheter de l'alcool
pour eux, j'étais bien au bord des larmes, je leur ai exposé
le fait que leurs propres chefs avaient édicté cette
loi... Alors donc, comme ils ne voulaient rien d'autre, je suis
parti, mais j'en avait un peu gros sur la tête...

Voici la carte
de Curtin springs, je ne sais pas trop où est la source tellement
c'est sec dans le coin! (spring = source)... La route passe devant
la station, une station très sympa, qui je me permets de
vous le rappeller, sont les seuls lieux sociaux où j'allais
(à part les villes, sinon dans les déserts il n'y
avait pas grand monde....). Il y avait une belle femme aussi! cela
ne veut pas dire qu'elle ait exalté mon instant, mais juste
que la solitude accrochée à moi depuis deux mois lachait
un tout petit peu de lest...
Au dehors, c'était
très bizarre, pas d'étoiles, des nuages menaçants,
du vent chaud! Ma tente sous les eucalyptus avait un lent mouvement
de respiration, les petites ficelles servant à stabiliser
ma tente igloo étant accrochées aux arbres... Le chant
des feuilles dans le vent et le parfun de l'eucalyptus ajoutaient
au tableau une perfection supplémentaire... Demain, je serai
à Uluru, je vais partir de nuit, c'est mieux....
Uluru, le gros
rocher... Vous l'avez déjà vu... Dans n'importe quelle
agence de voyage vous pouvez voir ce rocher... Il m'a bien-sûr
fait rêver... Un symbole d'une aventure future qui, à
l'époque, me semblait impossible! (Avec le recul, il suffit
d'y aller... Rien ne vous en empêche, vraiment!). Tout excité
de me lever demain matin vers les 4 heures, je me suis préparé
une petite salade, et je suis allé m'assoir près d'un
grand feu où j'ai rencontré une petite dizaine de
personnes, toutes européennes... Allemands, Hollandais, anglais...
J'étais le seul français. Nous avons discuté
pas mal de temps, ils étaient interessants. J'ai perdu à
cet endroit mon petit porte-monnaie, la seule fois durant tout mon
voyage! En fait il était dans ma poche. En fin de soirée
trois campings cars de location sont venus, avec des français
à bord! Je ne me suis pas présenté, ils n'avaient
pas l'air très liants... Et puis je n'avais pas envie de
rencontrer des français en fait! Ils étaient un peu
paranos, ils ont tout fermé à clé avant de
se coucher, rentré les lampes, les tables, les chaises! La
peur tue l'esprit. Même
si il est maintenant un petit peu tard dans le récit, je
vous montre ci-dessous la couverture nuageuse dans laquelle j'ai
pu me demander si il allait pleuvoir le lendemain:
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