Le soleil n'en finit pas de m'étirer,
je dois me presser, dans deux heures c'est la tombée de la nuit, les
nuages s'agglutinent vers l'Est


Après,
c'était un peu moins drôle, bien qu'identique à une certaine
initiation! Bien épuisé, portant plus le vélo que roulant
avec, tant les montées et descentes étaient impossibles, la nuit
m'a enveloppé! Je me suis donc retrouvé en tee-shirt / short,
en plein marécage, avec des millions de grenouilles, sans nourriture,
et grelottant de froid du à l'altitude... Heureusement une boîte
d'allumettes dans ma poche m'a permis de ne pas avoir froid d'un côté,
puis de l'autre! Evidement, dormir à même le sol sur les petits
cailloux tranchants, c'est pas le top! Pas d'eau non plus avec moi, j'ai quand
même trouvé une petite source, si les grenouilles vivent dans cette
eau, elle devait être bonne pour moi. Quand la nuit dure presque 12 heures
alors que j'en ai besoin de 6, c'est encore moins top... 6 heures à réfléchir,
à repousser les gros lombrics noirs carapacés qui sortaient de
terre autour du feu, attirés par la chaleur, et digérer, vers
trois heures du matin une pluie froide et glaciale... Alors là, j'ai
hurlé STOP! La pluie s'est arrêtée, et il a fait beau! je
suis rentré par le même chemin, en pensant à mon pantalon,
à un pull, à un duvet, à toute cette nourriture que j'avais
apporté et que j'allais rejoindre... J'ai beaucoup appris de cette belle
expérience, bien aimé avoir retrouvé mes affaires, mais
tellement triste de ne pas être allé plus loin dans la communication
avec les esprits de la nature... Rétrospectivement, j'étais vraiment
très heureux...
Délires
de nourritures, voilà comment mes yeux voyaient mes victuailles! Pour
vous expliquer, je n'aime pas manger, je n'aime pas dévorer les aliments,
même si parfois il m'arrive de les apprécier, tout le temps, je
n'aime pas manger; Et l'attente de cette nourriture, quand j'ai rebroussé
chemin, si elle était à son comble 20 kilomètres avant
l'arrivée, luttant sur mon vélo contre les averses vent debout,
déclina au fur et à mesure de l'issue proche du chemin. J'ai plus
mangé par convention que par appétit, je me suis donc un peu déçu,
un peu comme l'homme pas sage qui se jette sur la bouffe après un jeûne...



Je
ne sais pas pour vous, mais moi, j'adore les insomnies, elles ne me gênent
pas trop comme certaines personnes obligées d'aller travailler le lendemain
matin, je choisis mes horaires de travail, je ne suis donc pas angoissé
par çà... J'aime mes insomnies car je suis enfin tranquille, personne
autour de moi, les gens dorment, ils sont dans leurs rêves, les oiseaux
dorment aussi, à part quelques chouettes et chauves souris, tout est
calme! c'est ce calme que je rechercherai toute ma vie! J'aimerai bien un jour
être dans un endroit, sur une planète où ce soit la tranquillité
absolue, peut-être pas tout le temps, mais une bonne période pour
comprendre qui se cache derrière le silence...
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LACS
EN HUIT
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LACS
EN HUIT
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Les lacs en huit sont bien nommés!
Deux lacs ronds réunis par une sorte d'hysme... Je voulais en faire
le tour en vtt; 70 kilomètres en une journée, c'était
réalisable!
J'avais laissé la voiture avec tout
le matériel de bivouac, nourriture, duvet, tente et vêtements
au camp de base!
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En gros, la piste fait le tour des deux lacs, et pour
rejoindre le début de la boucle, il faut par contre traverser
une petite chaîne montagneuse, très: je monte, je descends,
je monte je descends... Et les montées et descentes ne sont pas
pour les jeunes filles! Pour ne pas basculer vers l'avant durant les
descentes, je devais presque m'asseoir sur la roue arrière! Quant
aux freins, je les remercie par la même occasion! Finalement,
je déteste le vtt!
Dans ce plateau un petit peu en altitude, la flore est
extraordinaire, et certainement la même depuis très longtemps!
Beaucoup d'espèces endémiques, propres à la région
et qui ne se retrouvent pas ailleurs, la terre est toujours rouge.
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Je n'ai pas rencontré grand monde, juste une
Jeep, et un hypothétique camion tout terrain avec comme chauffeur
le genre de personnage que l'on préférerait ne pas rencontrer
au milieu de nulle part, heu, je voulais dire en pleine nuit... Heureusement,
la puissance de son camion en comparaison à mon vtt lui a suffit
pour être satisfait...
(Mais peut-être était-il très
sympa? après tout, je ne m'arrête généralement
pas aux apparences...)
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Je me suis pris un instant pour le
grand barbu observant ses tirs de météorites sur la planète
Mars! J'ai du m'extirper de mes rêveries habituelles par les 35
kilomètres encore à parcourir... Flaque de boue séchée,
puis bombardée par des gouttes d'eau de pluie, avec passage de
vers, et craquelures dues au soleil...
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A l'extrémité Ouest de la randonnée,
une piste va descendre vers la baie de Prony
, objet d'une future randonnée!
Le sentier pour le tour du Lac est bien balisé,
en tout cas au début, l'air de rien j'ai trouvé pas mal
de faux plats, que je franchissais bravement dans un premier temps, pour
finalement ne plus trop faire le malin...
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Rosées
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Le lendemain matin, brouillard, rosée et tout
et tout! Il ne fait pas chaud, je rallume un peu le feu de camp, pour
me faire chauffer un café, chausse mes sandales, et part observer
avec mes yeux, mon appareil photo et ma loupe de géologue (une
loupe de géologue, c'est tout petit, pas cher, et ça permet
de découvrir des mondes magnifiques), j'ai découvert des
toiles d'araignées toutes perlées de rosée:
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| Et même, je dirai que ma peur viscérale
des araignées s'en est trouvée très réduite
devant telle beauté! Sachant bien que ces pauvres bestioles paralysées
par le froid n'allaient pas se risquer à crapahuter sur mes doigts... |
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Voilà à quoi ressemble
les alentours de mon camp de base:
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Après ma petite angoisse du matin
traditionnelle...
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Je vais explorer cette rivière
en canoë
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| On trouve de grands trous d'eau très pure, l'impression
d'être sur une autre planète tant la sensation d'étrangeté
est présente! Des petits frissons dans le dos pourtant... |
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